Le livre II de la Vita prima sancti Bernardi est l’œuvre hagiographique la plus connue d’Arnaud. Il prolonge la biographie commencée par Guillaume de Saint-Thierry et raconte principalement l’action de Bernard entre 1130 et 1145.
Une œuvre collective
Guillaume de Saint-Thierry entreprend la première rédaction de la vie de Bernard. Après la mort de ce dernier, survenue en 1153, Geoffroy d’Auxerre demande à Arnaud de poursuivre le travail. Arnaud compose le livre II, tandis que d’autres auteurs complètent ensuite l’ensemble.
La Vita prima est donc une œuvre collective élaborée dans l’entourage immédiat de Clairvaux. Une assemblée d’évêques et d’abbés l’approuve vers 1155 ; elle devient par la suite une source essentielle du procès de canonisation de Bernard.
Les événements racontés
Le récit porte notamment sur le schisme consécutif à la double élection pontificale de 1130. Arnaud décrit l’engagement de Bernard en faveur d’Innocent II contre Anaclet II et ses interventions auprès de Louis VI, d’Henri Ier d’Angleterre, de l’empereur Lothaire et de plusieurs villes italiennes.
Le livre évoque également les missions de Bernard en France, en Allemagne et en Italie, ses interventions dans les conflits opposant Louis VII et Thibaut de Blois, ainsi que plusieurs guérisons et miracles qui lui sont attribués.
Le regard d’Arnaud
Arnaud ne se contente pas de rassembler des informations. Sa connaissance des milieux politiques et ecclésiastiques, probablement nourrie par ses relations avec Geoffroy de Lèves et d’autres prélats, donne au récit une précision particulière.
Il propose surtout une interprétation spirituelle des événements : Bernard apparaît comme l’homme choisi par la Providence pour rétablir la paix et l’unité de l’Église. L’admiration d’Arnaud pour la pauvreté de Clairvaux est particulièrement visible dans le récit de l’accueil réservé au pape Innocent II.
Valeur et précautions historiques
Le texte est une source de premier ordre, écrite peu après les événements et par un auteur proche de plusieurs de leurs acteurs. Il reste néanmoins une vie de saint : sa finalité spirituelle et hagiographique doit être prise en compte lorsque le récit est utilisé comme document historique.
La traduction française proposée au téléchargement reproduit le livre II seul. Les autres livres de la Vita prima sont dus à Guillaume de Saint-Thierry, Geoffroy d’Auxerre et d’autres collaborateurs.